Jazz Chroniques et coups de cœur

Actualités du Jazz en région parisienne, chroniques CD et concerts, vidéos, standards en écoute sur ce blog 100 % jazz rédigé par un passionné !

samedi 22 mars 2008

Chronique concert & Photos - Dré Pallemaerts & Friends au Sunside

Dr__2_017J’avais loupé sa venue l’année dernière, juste à quelques jours prêts, et le passage de Dré Pallemaerts entouré de ses amis mercredi dernier au Sunside était donc la seconde chance, si ce n’est la dernière ! Il est vrai que l’univers de ce Pan Harmonie que je vous présentais y’à quelques jours avait réveillé en moi bien des sentiments et fut une des plus belles découvertes 2007 !

Se rendre également au Sunside ce soir là, c’était aussi assister à une soirée « all stars » en quelque  sorte avec quelques uns des grands musiciens de cette décennie qu’il n’est plus besoin de présenter, hormis Jozef Dumoulin que je ne connaissais pas avant de l’avoir croisé aux cotés de Dré Pallemaerts.

Placé au premier rang comme un pacha, j’attendais vivement cette soirée qui me rendait envieux et autant dire que je n’ai pas été déçu du voyage ! Tiens, « voyage », voilà tout à fait ce que nous ont proposé ce soir là les 5 musiciens réunis sur la petite scène du Sunside !

La part belle de la soirée était bien évidemment réservée à l’opus du batteur et à ses compositions personnelles avec toutefois quelques petites escapades chez Thelonious Monk et un petit clin d’œil à Joni Mitchell avec un «  God Must Boogie man » des plus exquis !

Dr__3

On peut dire que l’on a retrouvé ce soir là, tous les ingrédients qui font de « Pan Harmonie » une réussite comme on aimerait en croiser plus souvent ! L’absence de contrebassiste n’est pas anodin puisque les structures sont ici comme fondues entre elle, les introduction sous les doigts magiques de Jozef Dumoulin faisant comme apparaître un horizon brumeux qui petit à petit se dévoile pour laisser place à des éclaircies dont s’emparent avec brio les solistes.

Dr__2 Mark Turner possède ce son qui vient de loin, il est tout sauf l’archétype du saxophoniste qui nous démontre qu’il est le premier de la classe en mettant en avant une sonorité ravageuse, mais viens plutôt avec modestie nous dévoiler une intimité fort séduisante, toute en retenue avec un travail du son très personnel. J’aime beaucoup le son de Stéphane Belmondo qui démontre avec brio les qualités d’un vrai musicien, technique, retenue, musicalité, présence, assurément un des trompettistes à ne pas perdre de vue ! 
Bill Carrothers quant à lui possède une approche  élégante, un pianiste qui cherche la note juste et qui oublie alors les clichés et autre exercices de style dont il est si facile de s’emparer. Josef Dumoulin nous a offerts de magnifiques arrières plans et de belles toiles sonores sous les 88 touches de son Fender Rhodes que les effets, utilisés avec gout ont su mettre en valeur. Beaucoup de minutie dans le jeu du pianiste dont l’approche n’est pas sans me rappeler Dré Pallemaerts avec un travail très axé sur l’instant, comme si chaque seconde était déterminante et un musicien que j’ai envie de suivre de plus près ! Quand au chef de Band Dré Pallemaerts il a confirmé sa réputation, un drummer très attentif, un musicien qui fait chanter ses futs avec un souci constant de la forme et des couleurs. A chaque instant, à chaque seconde on sent le batteur sur le qui-vive, en recherche constante, un musicien qui privilégie autant la forme que le fond et qui semble mettre en évidence que rien n’est acquis, tout se gagne. Indéniablement, il a gagné mercredi soir toute mon admiration et je reste alors plutôt impatient et curieux de découvrir ce qu’il nous réservera dans les années à venir !

Dr__030Au final, on pourra dire que la formation a su démontrer mercredi soir une implication magnifique et un son d’ensemble vraiment personnel avec un jazz qui sort finalement des sentiers battus, pas du hard bop, pas du free, pas du jazz traditionnel et encore moins un jazz qu'on appelerait fusion mais un jazz ambitieux à travers une musique que la personnalité des musiciens ont fait naitre sur les planches du Sunside que j’étais ravis de retrouver après 3 mois, que l’abstinence de concerts avait rendu bien tristes !

Le Sunside nous conviait à un voyage psychédélique, finalement, il n'était pas loin de la vérité !

Merci à Dré Pallemaerts et à ses amis pour cette superbe soirée !

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vendredi 7 décembre 2007

Chroniques concert - Quest au Sunset lundi dernier

01Un peu plus d’un an après je retournais au Sunset, même musiciens, même groupe : Quest !
Il est sur que le gout que m’avait donné leur prestation l’an passé ne pouvait me faire rater leur retour !
D’autant que Dave Liebman (sax Ténor & Soprano), Richie Beirach (piano), Ron Mcclure (contrebasse)& Billy Hart (batterie) réunis, c’est pas fait pour durer, aussi grande que soit leur stature !
La salle comble, entassés comme des sardines sur nos chaises, je n’en demeurais pas des moins heureux, j’étais au 2ème rang, avec Dave à Liebman en face de moi à 2 mètres de distance, bien que ma voisine de devant me menait la vie dure !
L’attente était grande avec ce souvenir du feu qui c’était embrassé en ces lieux quelques mois auparavant !
Il est sur que pour Quest, il ne s’agit pas de tout faire pour rejouer les morceaux où ils les ont laissé la veille mais plutôt d’avancer, de les remanier, de les emmener vers d’autres horizons, de bousculer l’idée du concert de la veille pour tenter autre chose, pour creuser et surtout pour les jouer avec sincérité, avec l’émotion de l’instant.
Aller retrouver live ces 4 musiciens qui métrisent la musique à un niveau phénoménal, c’est aussi prendre un risque, celui d’assister à une prestation radicalement différente de la précédente puisque la liberté que Quest peut nous offrir a tant de facettes différentes que certaines d’entre elles ne seront pas à mettre entre toutes les oreilles !

Le concert est lancé par « Pendulum », l’hymne de la formation en quelque sorte, un grand classique !
Mais là, dès les premières mesures, on comprend que l’âme est vagabonde, qu’il ne va pas nous être donné de battre du pied facilement ! Mais bon, on se concentre, on ferme les yeux, on ne va pas bouder quand même car on a quand même en face de nous 4 musiciens impressionnants !
Bon, pas facile tout de même de passer d’un concert furieux dira-t-on, à un concert comme celui-là où les ambiances planent au niveau des structures, on cherche la cadence, le beat qu’on ne trouve pas et il faut donc jeter ses idées reçues et se concentrer pour rentrer dans leur univers. 02

Mais rapidement, on se rend à l’évidence, ca joue terrible, y’a pas à chier ! Perso, je distingue 2 axes, celui de Liebman / Beirach qui mènent la barque et se complètent magnifiquement au niveau de l’harmonie. Le 2ème axe, c’est bien sur McClure/Hart, une rythmique solide, puissante avec les roulements de Billy Hart qui nous rappellent la présence d’Elvin Jones, une présence infernale, et ce, sur un seul coup de baguette !  La rythmique est parée à toutes les éventualités pour propulser la machine et nous envoyer en l’air !
Dave Liebman se positionne en pilier, en premier soliste et la tournure des événements repose sur ces épaules j’ai bien l’impression car je ne reconnais pas le Richie Beirach qui m’avait tant impressionné l’an passé, il ne semble pas avoir envie de prendre des risques même si certaines cadences qu’il vient placer ici et là avec beaucoup de goût permettent au quartet de proposer un son original en emmenant beaucoup de contraste rythmique avec la section contrebasse batterie.

Quant à Dave Liebman, égal à lui même, un musicien haut en couleur qui ne semble cultiver aucune frontière quant à son expression harmonique, avec à la clef une énergie impressionnante !
Plus que quiconque, je trouve que ce saxophoniste, adepte du ténor & du soprano et de quelques flutes possède une des expressions les plus fouillées de la planète !
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Il est sur que l’étude de son maître John Coltrane qui aura durée une dizaine d’année lui à offert un tremplin magnifique vers l’avenir. Fort de cette expérience, Dave a transcendé la musique de son maître pour aller plus loin, pour emmener ce matériel au combien riche ver un futur qui ne pouvait qu'être prometteur et qui en fait aujourd’hui un dès saxophonistes les plus sidérants !

De l’énergie, Dave Liebman en a à revendre, une énergie qui le pouvoir  de vous scotcher dans votre siège, à se demander parfois quels sont les démons qui l’habitent et qu’il semble vouloir chasser de son fort intérieur, de son esprit comme pour s’apaiser après nous avoir délivré tout ses messages.
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Encore une fois ce soir, le musicien ne nous a pas déçu, confirmant son immensité à travers cette quête de la vérité qu’il semble mener sans baisser les bras, avec parfois cette révolte, cette spiritualité qui nous emmène sur un terrain qu’il continuera jusqu’à son dernier souffle de défricher !
C’est sur, ce concert avait un tout autre goût et une saveur bien différente de celle qui m’avait été donné de découvrir au Sunset, quelques mois auparavant , générant sur moi au sortir du concert un certain manque mais aussi des pensées pour la 2ème sessions de 22h30 que le final à travers une version magnifique du « Footprins » de Wayne Shorter laissait présager plus enjouée !
En tout cas, je retournerais au possible voir jouer cette formation, qui a le mérite de ne pas se reposer sur ses lauriers, de proposer un jazz des plus sincères, des plus vivant, et qui de toute évidence réuni quelques uns des grands musiciens de ce monde !

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Photos Jazz Chroniques & coups de coeur

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lundi 22 octobre 2007

Chroniques concerts - Avishaï Cohen Trio au New Morning

Sans_titre_NBLe festival JVC aura été une réelle catastrophe pour Z, 3 concerts programmés avec billets en poche pour au final un seul concert vu, celui du trio d’Avishaï Cohen Trio vendredi dernier au New Morning !

Mais bon, ce concert unique, QUEL CONCERT !!!

Affichant complet, la prestation d’Avishaï réunissait une bonne ribambelle de mélomane passionnés par l’univers si particulier de ce contrebassiste, bassiste de génie, qui au delà d’être un musicien hors pair demeure un compositeur talentueux qui nous propose un répertoire des plus original.

Le monde d’Avishaï Cohen c’est évidemment construit à travers ses influences, celle de la musique traditionnelle juive de son enfance mais également celles du jazz et du classique.
Il en ressort un univers aussi mélodique que lyrique où l'écriture rythmique y trouve une place déterminante.

Divinement entouré par Shai Maestro au piano et Mark Giuliana aux tambours, le trio été paré pour faire briller le répertoire de l’opus «Continuos » paru en 2006 sur le label Sunny Side et qui a surtout été honoré ce soir là.
Autant le dire tout de suite, la formation a démontré une implication phénoménale.

La personnalité de Mark Giuliana est remarquable, il va où on ne l’attend pas, avec quelques figures rythmiques  qui pourrait sembler parfois hors contexte, et c’est là que le musicien nous sidère puisqu’il en résulte un jeu personnel, nourri de diverses influences qui propulse à merveille le répertoire si rythmique d’Avishaï Cohen.

Quant à Shai Maestro, il a dévoilé toutes ses qualités mélodiques, toujours au service de la musique, doux et minimaliste mais également nerveux, vif, n’hésitant pas à prendre des risques en nous délivrant des solos saisissants.

Accompagné de la sorte, Avishaï Cohen à fait chanter son talent et nous a confirmé qu’il fait partie des bassistes montant de ces 10 dernières années, un musicien solide et généreux qui s’épanoui au sein de son répertoire si mélodique. Un contrebassiste efficace, précis, qui n’hésite pas à s’effacer derrière sa dextérité pour nous interpréter « Come Together » des Beatles et faire évidemment chanter le public, faisant naitre ainsi une interactivité joyeuse et sincère !

Le public était comblé et ravi et Z aussi !

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CD

AVISHAI COHEN "Continuo"

1. Nu Nu
2. Elli (In Memory Of Elisheva Greenbaum)
3. One For Mark
4. Ani Maamin
5. Samuel
6. Emotional Storm
7. Calm
8. Arava
9. Smash
10.Continuo

Avishai Cohen (upright bass, bass guitar)
Amos Hoffman (oud)
Sam Barsh (piano)
Mark Guiliana (drums, percussion)

Sunny Side Records 2006

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mardi 31 juillet 2007

Chroniques concerts - Chucho Valdès Quartet au parc floral

L’ouverture de cette dernière journée du parc floral dimanche dernier était offerte au quartet de Chucho Valdès qui s’est avérée être une excellente première partie de concert.

Accompagné d‘une excellente rythmique, constituée de Lazaro Rivero Alarcon à la contrebasse, Juan Carlos Castro Rojas à la batterie et Yaroldy Abreu Robles aux percussions, le Chucho Valdès quartet a fait résonner l’auditoire d’une ambiance latine vivante, spontanée et des plus naturelle.

Le répertoire composé principalement des grands standards connus par la sphère jazzistique, se retrouvait débordant de vitalité et de joie à travers la mouvance cubaine de la formation.
En guise d’introduction, nous avons eu droit à un premier long morceau, en hommage au grand Duke puisque se sont succédés « Satin Doll », In a sentimental mood » puis « Caravan » dans une ambiance de fête sous les doigts magiques du pianiste qui a démontré une aisance stylistique très variée, nous emmenant tantôt dans des rythmes cubains pour s’envoler ensuite vers quelques cadences ternaires. Quelques notes plus tard nous avons croisé le chemin de «Poinciana » mais également il me semble du « Birdland » de Joe Zawinul, en tous les cas un des célèbre tube de Weather Reports. Je compte sur ceux qui étaient présent pour me confirmer la véracité de mes propos !

Une belle ambiance rythmée à travers laquelle l’arrivée de la chanteuse Parya Caridad Valdes (la sœur du pianiste ?) , présente sur un titre aura lancé la formation sur une mouvance des plus cubaines.

Oui, la musique de Chucho Valdès fut une première partie de qualité !

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Chroniques concerts - Esbjörn Svensson Trio au parc floral

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Comment rater le concert d’Esbjörn Svensson Trio au parc floral ce dimanche ?
Chose impossible pour Z qui est bercé depuis bien des printemps par ce fantastique trio, d’ailleurs, un des trios les plus intéressant de ces 10 dernières années, en tout cas, un des plus créatifs !

Esbjörn Svensson au piano entouré de ses deux complices, Dan Berglund à la contrebasse et Magnus Ostrom à la batterie sont venu clôturer en beauté cette saison 2007 du parc floral.
Avoir planifié le concert d’E.S.T, entendez par Esbjörn Svensson Trio pour ce dernier après-midi n’était effectivement pas un hasard ! Voilà que le trio remporte depuis quelques années un succès international qu’il mérite bien !  Gratifié par une presse unanime, E.S.T nous offre depuis quelques années une musique de premier choix, un jazz mais pas un jazz comme les autres, un jazz joué rock, un jazz qui n’a pas peur des barrières, l’électronique ayant par ailleurs fait décoller la personnalité du trio qui conquit pourtant bien des générations.   

L’accueil du trio fut donc à la hauteur de leur prestige avec une standing ovation des plus phénoménales !

La musique jouée cet après midi était évidemment puisée dans le dernier opus du Trio, « Tuesday Wonderland » avec quelques excursions dans un répertoire riche  d’une dizaine d’albums.

Animé du toucher subtil qu'on lui connait, Esbjörn Svensson nous a démontré tout son talent, toute sa finesse nous transmettant toute son émotion, magistralement servie par une rythmique de premier ordre, sous la complicité de Dan Berglund et Magnus Ostrom. Plus qu’un trio, on parle ici d’un groupe tant la cohésion des 3 compères est évidente, la symbiose parfaite, l’écoute aussi magique que magnifique. La force d’E.S.T c’est aussi sa simplicité qui nous permet de fredonner leurs thèmes, de chantonner les mélodies du trio qui se revendique groupe de pop, jouant du jazz sans aucune barrière.

Le trio a muri ensemble durant de longues années et ca s’entend, quelle osmose pour ces trois musiciens qui se complètent magistralement pour au final ne former qu’un, un vrai groupe qui nous offre un répertoire où se bouscule le jazz, le rock, la pop, l’électro, la musique classique pour tendre vers une unité musicale des plus cohérente, aussi étonnante que surprenante !

Paradoxalement, Z a bien du mal il l’avoue à vous retranscrire l’atmosphère de ce samedi après-midi  merveilleux, instant divin, magique, touchant, émouvant, gracieux, électrique et très classe offert part le trio. Au delà de l’élogieux pianiste suédois dont les louanges pourraient être sans cesse renouvelées et dont la gentillesse était si perceptible, la prestation de l’après-midi nous aura également permis de s’incliner devant l’éclectisme du contrebassiste Dan Berglund, partenaire sans égal, dynamisant à souhait à travers ses approches sonores versatiles, armées de quelques effets électriques saisissant qui viennent souder la présence magistrale de ce brillant accompagnateur.  Quant au drummer Magnus Ostrom, il possède pour moi, un touché original qui apporte au trio un tapis de velours multicolore, avec une approche aux balais des plus singulières. Je reste ému d’avoir pus découvrir ce grand trio que je continuerais à suivre de près dans un futur qui me ravira à chaque nouvel opus de la formation.

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mercredi 18 juillet 2007

Chroniques concerts - Kurt Rosenwinkel Quintet au parc floral le dimanche 15 juillet 2007

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Grand moment dimanche dernier pour le concert du quintet de Kurt Rosenwinkel ! Il faut dire que j’attendais cette prestation avec la plus grande impatience et j’en ai eu pour mes émotions !
Etre touché par un musicien c’est parfois difficile à définir bien qu’ici, l’univers du guitariste me parle tout simplement.

Le son de guitare de Kurt qui pourrait en gêner certains me plait beaucoup, je trouve que le mélange entre le son de guitare pur et celui de la guitare synthé est particulièrement bien dosé, s’y ajoutant la voix de Kurt à l’unisson pour une alliance originale qui donne à l’ensemble une réelle dynamique. 

BanniereUne belle unité qui permet au guitariste de créer un univers qui lui est propre, un univers original dont l’influence aura touché toute une génération de musiciens et pas simplement des guitaristes !
Il était beau de voir le guitariste scintiller des yeux en permanence dès qu’il empoignait l’instrument, donnant l’impression d’un enfant émerveillé, et ce, même au cours de la balance rapide effectuée en public (l’avion du groupe a eu du retard avec un timing dur à respecter). Ce signe au combien révélateur collait tout à fait avec le sentiment que j’ai pu ressentir à l’écoute de ses disques, celle d’avoir à faire à un musicien profondément touché par ce qu’il joue.
Notre ami Kurt était accompagné de son quintet, constitué du brillant Mark Turner au saxophone ténor qu’il n’est plus besoin de présenter, éclatant de vitalité, un musicien qui nous a offert quelques solos profonds et intensifs. L’appréciation du jeune Aaron Parks au piano m’a été difficile, les retours son du publics pour le piano étant particulièrement faibles, je n’ai pu que décerner un accompagnement impeccable le concernant. La section rythmique quant à elle était assurée par Joe Martin à la contrebasse et Obed Calvaire, drummer particulièrement énergique qui à bien mis en valeur la musique du groupe. Le grand moment du concert fut indéniablement  la reprise de « Zhivago », une composition de Kurt Rosenwinkel qui nous a offert pour l’occasion une longue introduction en solo laissant courir son jeu profond,  rempli de grâce et d’émotion pour le plaisir de tous.

Je vous avoue que j'ai bien eu du mal à retrouver mes esprits arrivé chez moi, encore enivré par l'univers de ce guitariste séduisant !

Beaucoup de remerciements à Kurt et son quintet pour le concert offert cet après –midi la, et ce, au vu des conditions de leur journée ; arrivée tardive de l’avion à l’aéroport, trajet jusqu’au parc floral, une balance effectuée sur les chapeaux de roue, quelques minutes de répit pour ensuite nous offrir  un concert de qualité qui a enthousiasmé le public !

Effectivement, on n’est pas toujours sensibilisé au train de vie des musiciens, avec ici l’exemple type de la journée difficile ! Et dire qu’ensuite le public est là, impatient d’assister à un concert de qualité !

Chapeau bas Messieurs et merci infiniment pour ce concert merveilleux que vous nous avez offert !
Bon courage pour la suite de la tournée !

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lundi 16 juillet 2007

Chroniques concerts - Ricky Ford sextet au parc floral le samedi 14 juillet 2007

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Le parc floral de Vincennes nous invitait samedi dernier à une après-midi « All that jazz » avec dans un premier temps le sextet du saxophoniste Ricky Ford et dans un deuxième temps, le quintet de Dave Holland.

Le sextet de Ricky Ford, ancien compagnon de route de Charles Mingus et signataire d’une bonne quinzaine d’opus enregistrés sous son propre nom, était formé de très bon musiciens français, avec Philippe Soirat aux drums, Emmanuel Grimonprez à la contrebasse, Jean-Michel Couchet au saxophone Alto, Frédéric Burgazzi au trombone  ainsi qu’un américain tout de même au passage sous la houlette du pianiste Bobby Few .

La musique proposée par l’orchestre  était constituée de standards, et de compositions personnelles qui nous ont permit d’entendre un sextet intéressant mais malheureusement sans surprise, ce qui ne remet pas en question les qualités évidentes des protagonistes. 
Toutefois, on pourra se souvenir la bonne humeur du leader qui cultive un jeu ancré dans la tradition avec une touche personnelle parfois explosive qui rappelle les années Mingus ! Un son puissant, un plaisir évident de jouer, et des solos animés d’une fougue  communicative, vous me direz, c’est déjà pas mal du tout ! Ces compagnons solistes nous ont démontré une belle implication avec une mention spéciale au saxophoniste Jean-Michel Couchet qui nous a offert quelques solos incisifs.

Le grand moment du concert fut la reprise d’un thème de Charles Mingus qui a permit au groupe d’enclencher la 2ème vitesse en nous proposant un jazz vivifiant.   
Il sera intéressant de préciser qu’il n’est jamais judicieux de juger un musicien sur une unique prestation scénique, celle-ci   découlant parfois des directives du leader avec ici un exemple pour Philippe Soirat, qui dans un autre contexte peux s’avérer être un batteur explosif qui pousse la formation vers le haut, bien qu’ici, il s’est contenté de faire le boulot comme on dit, ce qui ne semblait pas convenir au leader qui c’est retourné à plusieurs reprises pour lui indiquer ce qu’il souhaitait !

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Chroniques concerts - Dave Holland Quintet au parc floral le samedi 14 juillet 2007

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Le Dave Holland quintet visiblement très attendu nous a offert un concert des plus magnifique !
Au sein d’une formation originale puisque le piano et la trompette, instruments d’un quintet classique ont été remplacés par un vibraphone et un trombone, permettant ainsi à l’ensemble de se démarquer, Dave Holland a confirmé que son quintet restait une des formation les plus intéressante de ces dernières années, tant pour la cohésion du groupe que pour le répertoire proposé qui fait honneur au jazz actuel.

Animé d’un groove exceptionnel et d’un lyrisme rarement rencontré sur l’instrument, Dave Holland demeure un musicien très actif sur la scène internationale de ces 20 dernières années. Que de classe pour cet ancien compagnon de route de Miles Davis qui nous offre à chaque prestation scénique une leçon de musique a travers l’instrument qu’il métrise avec une poésie qui force le respect.

Accompagné des musiciens qui  l’entourent depuis quelques années, hormis le batteur Nate Smith qui a remplacé Billy Kilson, le quintet a démontré une fougue et une verve des plus ravageuse ! Dès les premières minutes la machine est lancée et le groupe nous frappe de part l’implication émotionnelle des musiciens, on comprend rapidement que l’on va avoir le droit à un concert au sommet avec des musiciens dont la verve est au rendez-vous !

Chris Potter et Robin Eubanks dont la réputation n’est plus à signaler nous ont offert des solos aussi saisissants les uns que les autres, animés tout deux d’une fougue ahurissante qui les ont rendus particulièrement déchainés au cours de cette session live !
Chaque solo était un réel feu d’artifice, un pur moment de bonheur pour nos oreilles séduites par la musicalité de ces interprètes hors pair qui ont démontrés dès le premier morceau une implication spectaculaire.
Chris Potter, incisif, ravageur,  au sommet et son art et Robin Eubanks, généreux, conteur d’histoires, un musicien qui chante indéniablement sur l’instrument.  Steve Nelson au vibraphone et xylophone  qui cultive un jeu créatif et moderne, n'a pas hésité à prendre des risques et m'a rappelé sa brillante participation sur le disque "Rhythm of the Earth" de Jackie McLean !
Quant au nouveau batteur de la formation, Nate Smith, il a propulsé le groupe avec brio et Dave Holland semblait heureux de sa dernière recrue avec laquelle il partageait une réelle complicité, allant à la fin du concert lui adresser une poignée de mains  significative de son engouement !

Effectivement, le concert du quintet était le grand moment de l'après midi !

En sus, je vous invite à rendre visite à "FrançoisR" qui a fait de superbes croquis durant le concert.

 

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dimanche 8 juillet 2007

Chroniques concerts - Jef Neve Trio au parc floral

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Ce samedi 7 juillet 2007, à partir de 15H, le parc Floral de Vincennes nous proposait une après-midi "Pianissimo" avec le Trio du pianiste Jef Neve et le Septet de Pierre de Bethmann ici au Fender Rhodes.

Je découvrais totalement Jef Neve et son trio qui ont fait senssation auprès de l'auditoir. Une formation soudée avec des musiciens qui viennent nous raconter leur histoire. Jef Neve était entouré d'une rhytmique qui mettait bien en valeur son jeu dont l'influence classique est evidente. Piet Verbist tenait la contrebasse, musicien trés inspiré et plein de lyrisme, un homme qui m'a touché. Teun Verbruggen était derrière les tambours et nous a démontré une qualité d'écoute perpetuelle, jamais en avant, tout à fait en symbiose avec ses 2 complices, pret à bondir au moment opportun lorsque la tendance l'y invite. Je dirais que le concert fut assez méduim dans le tempo, tout à fait en accord avec le romantisme du répertoire. Seul le dernier morceau, si mes souvenirs sont bons, s'est vu emdiabler le Trio. Je serais curieux d'entendre le trio d'ici 5/10 ans, en même temps, je me dis que je devrais me procurer leurs CD et bénéficier d'une 2ème écoute. Affaire à suivre donc !

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Chroniques concerts - Pierre de Bethmann Septet au parc floral

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La 2ème partie était donc réservée au septet de Pierre de Bethmann, et là, LE CHOC ! Je voulais dire que ça faisait longtemps, mais non, il me semble ne jamais avoir entendu un ensemble de la sorte, avec un répertoire si intéressant, arrangé magnifiquement ! Il est vrai qu'avec pas moins de 5 instruments solistes, Pierre de Bethmann a du prendre un réel plaisir à composer, tant les arrangements sont riches et sa plume des plus créatrice ! La formation n'est plus à présenter puisque qu'elle comprend les fines lames du jazz français de ces dernières années. Avec une rythmique impeccable, sous la houlette de Franck Agulhon à la batterie et Vincent Artaud à la contrebasse, l'orchestre était paré pour donner le meilleur de lui-même et faire décoller le répertoire du pianiste.
S'agissant des solistes, on retrouvait Pierre de Bethmann derrière son Fender Rhodes avec la clef une nouvelle fougue créatrice via un jeu riche et subtil, un pianiste à suivre. D’emblée, en premier soliste, on signalera la présence de David El Malek, musicien profond, sidérant, un explorateur qui nous a offert des solos intensifs avec une vraie spiritualité et quelques fois les yeux comme révulsés il me semble ! Stéphane Guillaume au saxophone Alto est un jeune musicien sur qui il va falloir compter puisque je découvrais toutes ses qualités qui ne m'avaient pas sauté aux yeux sur l'opus "Toutakoosticks" du batteur français Stéphane Huchard. Le guitariste Michael Felberbaum a été moins mis en avant lors du concert, sachant qu'il a manqué de peu d'être absent du concert puisque ses doigts ont échappés à une porte fermée subitement dans la journée ! En tout cas, il nous a quand même offert un solo remarquable ! Pour finir, le choc du concert, se fut la chanteuse Jeanne Added, qui ici se mesurait comme un instrument à part entière, via un chant d'une beauté à toute épreuve, soutenant à l'unisson les mélodies où les arrangements du leader ! Je fis profondément touché par un duo avec Pierre de Bethmann sur le morceau "Singulier" où le charisme et la voix magnifique de la chanteuse m'ont mis les larmes aux yeux ! En tout cas, il est sur que l'ajout du chant de Jeanne Added a permis au septet de Pierre de Bethmann de trouver un son d'ensemble trés original.
Le répertoire joué cette après midi était entièrement composé des titres du dernier opus de Pierre de Bethmann, "Oui" et le septet a été résolument le grand moment de la journée laissant présager les futurs possibles du jazz. En tout cas, comme j'ai pu l'entendre dire derrière moi à la fin du concert, le jazz se porte à merveille et nous promets un brillant avenir !
Chapeau bas Mister Bethmann !
Je vous laisse en compagnie d'un extrait du morceau "Altération" sur lequel vous pourrez apprécier les qualités de compositeur de Pierre de Bethmann mais également la fougue et la spiritualité du saxophoniste David El Malek.

PS: Si le dernier opus de Pierre Bethmann remportait un prix lors des prochaines victoires du jazz, je ne serais pas surpris !

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