Jazz Chroniques et coups de cœur

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dimanche 12 août 2007

Ode à Fela Kuti

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Fela Kuti, musicien incontournable pour votre serviteur, un artiste qui réveille bien des sentiments et des émotions à l’écoute de sa musique. C’est donc naturellement que je lui réserve une place de choix aujourd’hui à travers un hommage, modeste certes, mais représentatif de l’amour que je voue à sa musique.

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Portrait:

Fela n'était pas un gentleman. Il aimait jouer du saxo, simplement vêtu d'un grand slip kangourou, au milieu de ses 27 femmes, tel un superbe empereur africain. Véritable mythe de la musique africaine, Fela est à la fois célèbre pour son génie musical et pour ses positions politique très fortes. S'opposant à la dictature nigériane, il a fait de nombreux séjours en prison pendant lesquels il a été torturé (pour beaucoup de ses compatriotes, si le Sida l'a emporté, c'est parce que son corps était affaibli par les sévices subis). Ces brimades l'ont, au contraire, renforcé dans sa lutte. Il a fondé le "Movement of People" (MOP), s'est présenté aux élections présidentielles de 1979 et a rapidement développé l'image d'un personnage complexe revendiquant ses origines africaines. Fela Anikulato Kuti est né à Abeokuta (Nigéria) le 15 octobre 1938. A l'âge de 20 ans, ses parents l'envoient étudier la médecine en Angleterre. Mais le jeune Fela préfère s'inscrire au Trinity College, section musique, pour prendre des cours de piano. Très vite, il monte un groupe -les "Koola Lobitos"- qui marie Jazz et High Life.En 1969, il part avec aux Etats-Unis avec son groupe (baptisé désormais "Fela Ransome Kuti & Nigeria 70") et rencontre Sandra Isodore, une proche des Black Panthers qui lui fait connaître les écrits de Malcom X. Los Angeles est une étape importante pour Fela car c'est là qu'il épouse les thèses du panafricanisme et qu'il développe son style musical : l'Afrobeat. Afin de mieux diffuser son message parmi ses frères africains, il chante en "Pidgin" (anglais métissé, l'équivalent du créole par rapport au français). Ses textes sont considérablement engagés : il dénonce la corruption, les dictatures, la mainmise des multinationales sur l'Afrique (voir sa chanson " ITT : International Thief Thief "), l'obligation sociale de singer les mœurs européennes ("Gentleman"). A Lagos, en 1971, il fonde le "Shrine club", un lieu mythique de totale liberté. On vient y écouter des concerts du maître (bien sûr), fumer des joints gros comme des baobabs, discuter sans censure, rencontrer des partenaires sexuels... Fela pousse toujours plus loin les frontières de la Liberté, ce qui énerve de plus en plus le pouvoir en place. En 1974, l'armée prend d'assaut sa maison, une grande demeure clôturée et autoproclamée "République de Kalakuta". Le bras de fer entre Fela et le pouvoir va se durcir au fil des années jusqu'au 18 février 1977. Ce jour-là, l'attaque -menée par près de 1000 soldats- est féroce. Les femmes sont violées, la maison incendiée, les hommes tabassés et la mère de Fela (âgée de 82 ans) jetée par la fenêtre. Elle succombera des suites de ses blessures. Choqué, bouleversé, Fela sombre alors dans un africanisme forcené. Il avait déjà adopté le patronyme "Anikulapo" (nom de sa mère) à la place de "Ransome" ; là, il épouse 27 femmes et refuse désormais de se vêtir à l'occidentale. Son rejet de tout ce qui est occidental le poussera même à refuser les traitements médicaux. Mais les méthodes traditionnelles africaines, à base de plantes et de désenvoûtements, ne suffisent pas à le soigner et il meurt le 2 août 1997.

Portrait de Magali Bergès sur le site Mondomix

Posté par Z et le Jazz à 17:31 - Portrait - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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