Jazz Chroniques et coups de cœur

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lundi 21 septembre 2009

L'ivre d'images sur son nuage, avec "Karma" de Pharoah Sanders

L_ivre_d_images

Si vous suivez un peu l’actualité jazzistique des blogs, vous aurez peut-être pris connaissance du départ de François Roudot, qui tenait le « L’ivre d’images » et qui part ailleurs faisait partie de notre réunion de blogueurs, qui, tous les 3 mois, publient une note orientée sur un thème commun.

Il était impossible de ne pas penser à lui lors de notre prochain rendez-vous, et c’est bien naturellement que Maître Chronique, a imaginé que François étant parti si subitement, en avait oublié d’emporter quelques disques avec lui, et que nous pourrions, chacun de notre coté, lui glisser un ptit disque dans son sac, afin qu’il ait tout de même un peu de son à écouter là où il est !

Choisir un disque, fiouuuuu, un exercice difficile car des chefs d’œuvres, il y en en tout de même pas mal ! Alors j’ai commencé à penser à certaines galettes, à regarder mes disques, ne sachant vraiment lequel choisir et puis là, mon esprit c’est arrêté sur un disque, l’incroyable et fantastique « Karma » de Pharoah Sanders sur lequel d'ailleurs, je n’ai jamais eu l’occasion d’échanger avec François,  je ne sais même pas si il le connaissait et c’est bien dommage.

En même temps, en repensant à lui qui était une crème, à lui avait tant les mots justes, à lui qui d’un coté, pouvait être si adorable en faisant jaillir du bonheur, de la douceur, de la gaité dans ses dessins et dans ses mots, et qui d’un autre coté haussait souvent le ton en nous faisant part de ses coups de gueules, toujours justifiés, dans ce monde qui n’est pas rose pour tout le monde, je retrouvais une certaine filiation avec ce disque, enregistré en 1969 (année de naissance de François en plus !) sur le label Impulse, et qui m’emmène à chaque fois  des images utopiques à travers la vision d’un monde sans soucis où tout est rose et magique. Mais attention, c’est justement là où il faut prendre garde, comme si le démon n’était jamais loin et qu’il apparaissait d’un coup pour tout balayer sur son passage, tout comme ces illusions complètements utopiques d’un monde meilleurs, d’un monde bon pour tous !

J’ai toujours pensé que Pharoah Sanders était le plus beau cris de l’histoire du jazz, un son unique  d’une puissance incroyable, parfois ravageur, un son d’une sincérité à couper le souffle, un son qui a le pouvoir de vous envoyer un flux d’amour en quelques notes ou alors de vous interpeler avec gravité, avec profondeur, avec violence  aussi.

J’avais envie de glisser ce disque dans le sac de François pour lui offrir ce cris magnifique et si touchant de Pharoah Sanders qui jalonne les quelques 32 minutes de cette pièce incroyable qu’est « The creator have the master plan » ou tout le monde est invité à la fête dans laquelle il serait surpris aussi, si il ne le connaissait pas, de croiser le chanteur Léon Thomas qui est incroyable de créativité et qui possède  également ce vibrato unique qui lui est propre.

Miraculeuse atmosphère que l’on retrouve tout au long de cette pièce qui représente un morceaux unique, surprenant par son originalité, par la grandeur aussi de la spiritualité qui s’en dégage, et là, on mets un peu le doigts sur l’univers de ce saxophoniste d’exception qui, influencé par l’univers de John Coltrane avec qui il aura gravé quelques faces d’ailleurs, apporte un jeu plus ancré encore dans l’Afrique et dans la transe, tout en arrivant à rendre sa musique folklorique et qui en font  un des grands saxophoniste de l'ère free.

Un album d’exception, voilà bien ce que méritait François, quelqu’un de touchant et d’adorable, et qui, au sein de ce rendez-vous particulier nous manque beaucoup, à moi et à mes complices d’écriture.

Un « Karma » pour François au Paradis, C'est tout ce que je lui souhaite !

Z

En écoute "The Creator Has A Master Plan":

KarmaPharoah Sanders (ts)
Julius Watkins (frh)
James Spaulding (fl)
Leon Thomas (per, vo)
Lonnie Liston Smith (p)
Richard Davis, Reggie Workman (b)
Billy Hart (d)
Nat Bettis (per)

Enregistré le 14 février  1969

Impulse! Records




D'autres notes "écrites" et "musicales"  à glisser dans le sac de François:
Blackstabber: Les chaudes nuits d'été du paradis
Belette et jazz : Charlie Haden & Kenny Barron "Night and the city"
jazzOcentre: Hadouk trio
Mysteriojazz :  Billie Holiday
Maître Chronique : John Coltrane & Johnny Hartman
Flux Jazz : Aretha Franklin
Jazzques : Michel Petrucciani "The Prayer"
Jazz Frisson : "Un passant" de Gilles Vigneault par Karen Young
Ptilou's Blog : Michael Blake

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Posté par Z et le Jazz à 21:24 - Permalien [#]